art contemporain

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Laurent De Pury

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Né au Cameroun en 1958.
Vit et travaille à Genève, Suisse.

Dans la jouissance protéiforme qu'offrent les champs de l'Art d'aujourd'hui, la notion de mémoire est omniprésente. La mémoire de l'humanité, essentielle... et dérangeante. L'accumulation est impressionante. Le peu que j'en retiens me renvoie une image fascinante mais "abymée", vertigineuse et qui frise la nausée. Mon terrain d'exploration se situe moins dans cet espace de culture et de mémoire marqué par le génie de l'Homme que dans celui plus silencieux de notre environnement naturel. Le monde végétal, en particulier, offre une forme de permanence, de respiration. Le dialogue s'opère sur d'autres territoires.

(Laurent de Pury, novembre 2011)

Aujourd'hui encore, le bois est la base de mon travail. J'engage un dialogue ou se mêle alternativement l'écoute et l'orientation faites au matériaux. C'est mon champ d'exploration. Les directions sont partiellement données. Les développements réalisés sont distincts mais offrent une constante: ils sont en partie prédéterminés. Je me considère comme un promeneur qui déplacerait au gré du cheminement les repères d'orientation. Restituer l'angle sous lequel on regarde un objet, un environnement, c'est créer un déplacement, un décalage indispensable à la stimulation de nos conventions de lecture...

(Laurent de Pury)

Les sculptures, de Laurent de Pury ont une indéniable qualité graphique. A tel point que le travail en volume semble souvent avoir pour principal objectif de rendre explicite le tracé inscrit dans la masse d'un corps. Une branche, par exemple, peut ainsi se trouver amaigrie jusqu'à n'être plus que le corps de ce tracé. La ligne émaciée l'emporte sur la ronde-bosse pour suivre un mouvement naturel épuré de tout pittoresque: les baguettes du Forum de Beaulieu, réunies en faisceaux, sont autant de possibles trajets, entre sol et plafond, de lignes sylvestres indéfinies.
 Cette géométrie élémentaire repère et, littéralement, met en relief des situations simples: brusque changement de direction, bifurcation pour cause de ramification, etc. Elle sait aussi les provoquer: intersection de deux lignes, fermeture d'un segment.
 Il n'y a pas d'indétermination dans l'oeuvre de Laurent de Pury, à la différence de ce qui se passe chez cet autre sculpteur de la géométrie qu'est Bernar Venet. Cela ne signifie pas pour autant une soumission exagérée au déterminisme physique. Les tracés qui structurent l'oeuvre sont d'origine végétale ou s'inspirent très franchement des processus de croissance qu'on observe dans ce règne. Une ligne de bois peut suivre le profil de la branche dont elle est dégagée puis se trouver "assistée" de telle façon que sa trajectoire adopte l'allure générale souhaitée. Le plus souvent, la transition est difficile à repérer, signalant une surprenante connivence entre la volonté spontanée de la nature et celle réfléchie du sculpteur. La séparation traditionnelle entre nature et culture n'est pas reconduite, l'ensemble de l'oeuvre interrogeant plutôt la pertinence d'un tel découpage...

(Extrait du texte de Hervé Laurent)